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La réincarnation à la lumière du non-soi et de la continuation
Une personne ou une chose n’a pas d’identité permanente, absolue et séparée, qui peut exister par elle-même. Elle est comme une rivière qui coule et change à chaque instant. Dans le bouddhisme, c’est ce qu’on appelle l’impermanence ou le non-soi : si les choses changent, elles ne peuvent rester identiques à elles-mêmes pour toujours, il n’y a donc pas de soi.
Quand on regarde une fleur en profondeur , on voit que la fleur inter-est avec le soleil, les nuages, la terre, le jardinier, etc, qu’elle ne peut exister par elle-même, qu’elle est vide d’une entité séparée et permanente.
L’école Sarvastivada a parlé de la continuation, qui donne l’impression qu’un soi existe. Quand on regarde un enfant de cinq ans et l’adulte qu’il est aujourd’hui, on voit qu’ils ne sont ni identiques ni complètement différents, que l’adulte est une continuation de l’enfant.
Nous produisons à chaque instant des pensées, des paroles et des actes qui vont avoir de l’influence sur nous-même et sur le monde, maintenant et dans le futur., qui vont porter notre signature, constituer notre continuation, et si nous voulons continuer en beauté, nous allons faire en sorte que nos pensées, nos actes, nos paroles, soient justes, bons. “L’homme est la somme de ses actes” : c’est ce qu’a dit Jean-Paul Sartre , ce que dit aussi le bouddhisme, et c’est ce qui constitue notre karma. Après la mort, toutes nos pensées, nos paroles et nos actes sont toujours là ; ils sont l’essence de notre continuation.
En nous installant dans le moment présent, nous pouvons corriger le passé. Si j’ai produit hier une pensée qui n’est pas bonne, qui n’est pas digne de moi, je peux aujourd’hui en produire une bien meilleure qui va la transformer, la neutraliser et créer ainsi un beau futur.
Le Bouddha a enseigné le Noble Sentier Octuple, et avant de parler de la pensée juste, de la parole juste, de l’acte juste, il a parlé de la vue juste, qui est la base. En pratiquant la pleine conscience et la concentration, on va obtenir la vue juste.
L’une des huit branches du noble sentier, la diligence juste, consiste à :
- éviter que les graines négatives enfouies dans la conscience du tréfonds se manifestent dans le mental
- les renvoyer à leur position d’origine le plus tôt possible si elles viennent à se manifester
- arroser les bonnes graines
- faire en sorte que les formations mentales positives restent le plus longtemps possible dans notre conscience mentale.
Cet enseignement a été offert le 22 juillet 2005 au Hameau du Haut du Village des Pruniers, au cours de la Retraite d’été.