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Le pouvoir libérateur de la méditation
Thay explique que la méditation est le travail du regard profond dirigé vers le cœur des choses. Elle permet d’atteindre la connaissance et la compréhension (prajña), fruits du regard profond qui nous libèrent. Le méditant apprend alors à faire face à la douleur selon le principe de la non-dualité : la joie et la douleur, la compréhension et l’ignorance sont toutes des parties de nous-mêmes.
Thay souligne que lorsqu’une graine de colère émerge de la conscience du tréfonds, l’énergie de la pleine conscience l’embrasse tendrement, comme une mère avec son bébé, pour la soigner et la transformer sans lutte ni répression. Ainsi, cette énergie, comparable au Saint-Esprit, a le pouvoir de neutraliser la haine et le désespoir, aide à reconnaître et à prendre soin de ses afflictions.
Le Bouddha a enseigné que « Ceci étant, cela est », soulignant que la souffrance est une condition indispensable au bonheur. La souffrance nous aide à grandir, à nourrir notre compassion.
Cultiver la pleine conscience dans chaque geste quotidien évite la mauvaise circulation des formations mentales négatives qui mène aux maladies mentales. La pleine conscience nous permet de vivre la résurrection à chaque instant, touchant la vie dans l’ici et le maintenant.
Thay rappelle que prendre refuge dans la Sangha est indispensable pour entretenir la pratique. Un pratiquant sans communauté finira par abandonner sa pratique. De plus, les préceptes pratiqués dans le bouddhisme ne constituent pas des limitations : ils nous protègent de la souffrance et garantissent notre liberté.
Cet enseignement public a été donné le 2 avril 1996 à Paris.