Au cours de la retraite d’été, un très beau texte de Thich Nhat Hanh a été proposé au terme d’une méditation silencieuse.
Nous vous le proposons afin de vous inclure dans la belle énergie de nos retraites des familles.

TOUCHER LA TERRE (extrait du recueil de poèmes ‘une flèche deux illusions’)
Là, le pied d’un arbre.
Là, un endroit tranquille, vide.
Là, un coussin.
Mon frère, pourquoi ne t’assieds-tu pas ?
Reste assis, bien droit.
Assis avec stabilité.
Assis en paix.

Ne laisse pas tes pensées te projeter en l’air.
Reste assis, que tes cuisses touchent la Terre.
Sois un avec elle.
Peut-être aimeras-tu sourire, mon frère.
La Terre te donnera sa fermeté, Sa paix, sa joie.
De ton souffle pleinement conscient,
De ton sourire tranquille,
Tu nourris le moudra ‘Toucher la Terre’.
Il y a eu des moments où tu t’es mal comporté
Être assis sur la Terre était comme flotter dans l’air,
Toi qui avais l’habitude de tourner dans le triple monde,
Et d’être emporté dans l’océan des illusions.
Mais la Terre est toujours patiente et équanime.
La Terre est toujours là à t’attendre parce que la Terre t’a attendu.
Pendant le dernier billion de tes vies passées.
C’est pour cela qu’elle pourra t’attendre.
Aussi longtemps qu’il le faudra.
Elle sait que pour finir tu lui reviendras un jour.
Elle t’accueillera.
Toujours verte et fraîche, tout comme la première fois,
Parce que l’amour ne dit jamais ‘c’est la dernière fois’,
Parce que la Terre est une mère aimante.
Elle ne cessera jamais de t’attendre.

Reviens-lui, mon frère.
Tu seras comme cet arbre.
Les feuilles, les branches, et les fleurs de ton âme
seront vertes et fraîches.
Dès que tu auras pénétré le moudra ‘Toucher la Terre’.
Le chemin vide t’accueille, ma soeur,
Embaumant l’herbe et les petites fleurs,
Le chemin pavé de rizières
Porte encore les traces de ton enfance
Et l’odeur de la main de mère.
Marche avec mesure, tranquillement.
Tes pieds doivent toucher la Terre avec profondeur.
Ne laisse pas tes pensées te projeter en l’air, ma soeur.
Reprends ton chemin à chaque instant.
Le chemin est ton meilleur ami.
Il te donnera sa fermeté, sa paix.
De ton souffle profond,
tu nourris le moudra ‘Toucher la Terre’.

Marche comme si tu embrassais la Terre de tes pieds,
Comme si tu massais la Terre.
Les traces laissées par tes pieds
Seront comme la marque d’un sceau impérial
qui appelle le Maintenant à revenir au Ici ;
Pour que la vie soit présente,
Pour que le sang colore d’amour ton visage,
Pour que les merveilles de la vie se manifestent
Et que toutes les misères se transforment en Paix et en joie.
Il y a eu des moments où tu n’as pas réussi, ma sœur.
En marchant sur le chemin vide, tu flottais dans l’air,
Parce que tu avais l’habitude de te perdre dans le samsara
et de te laisser emporter par le monde des illusions.
Mais le chemin magnifique est toujours patient.
Il attendra toujours que tu reviennes,
Ce chemin qui t’est si familier,
Ce chemin si fidèle.
Il sait parfaitement que tu reviendras un jour.
Il sera heureux de t’accueillir à ton retour.
Il sera aussi frais et magnifique que la première fois.
L’amour ne dit jamais que c’est la dernière fois.
Ce chemin, c’est toi, ô soeur proche de mon coeur.
C’est pourquoi ce chemin ne sera jamais fatigué d’attendre.
Qu’il soit couvert maintenant de poussière rouge,
De feuilles d’automne,
Ou de neige gelée ;
Reprends ton chemin, ma soeur,
Parce que je sais
Que tu seras comme cet arbre,
Les feuilles, le tronc, les branches,
Et les fleurs de ton âme
Seront belles et fraîches,
À peine auras-tu pénétré le moudra ‘Toucher la Terre’.

En lisant ce poème, nous pouvons faire naître en nous l’aspiration à considérer la terre comme notre fondement solide chaque fois que nous pratiquons les touchers de la terre, la méditation assise ou la marche méditative.
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